Khishâm-1-Nord, Secteur 3

Khishâm-1-Nord, Secteur 3. En bas, à g. : cercles de pierre. Au centre, en oblique :
mur d'entrée nord d'un desert-kite . En bas à dr. :nécropole (taches noires). Immédiatement
au-dessus : quartier d'habitation. Roches noires sous la crète : zone d'art rupestre.

Archéologie et art rupestre du Hemma
(Djezireh syrienne)

Mission de Khishâm - Campagne 2002

La mission Culture matérielle

 

Topographie Art rupestre à Khishâm-2 Prospections
Archéologie Art rupestre à Kefra Conclusion

 

Prospections

Marc VANDER LINDEN (Université Libre de Bruxelles) et Paul-Louis van BERG (Université Libre de Bruxelles)

Objectifs et documentation

        La prospection a été étendue au cours de la campagne 2002, avec la participation de Paul-Louis van Berg (Université Libre de Bruxelles), Marc Vander Linden (Université Libre de Bruxelles), Khaled Ahmo (D.G.A.M.), Marianna Gali et Yasmina Kanhouch (étudiantes en archéologie à l'Université de Damas).

        La recherche a porté sur une distance de 25 km en bordure orientale du plateau du Hemma, entre les villages de Haramshadad au Nord et de al-Halalia au Sud. Une journée a également été consacrée à une prospection sur le territoire d'en-Nabia, immédiatement au sud des sites archéologiques et rupestres de Khan et Mera, repérés en 2001.

Prospections 2002  carte

Prospections en 2002 :

  1. en-Nabia
  2. Haramshadad
  3. Kefra
  4. Qasrek
  5. Tell Beydar
  6. Bash'koy
  7. Khishâm-1 et -2
  8. el-Barfoïya
  9. Um el-Masamir
  10. ar-Rahmaniya

Les deux objectifs principaux de ce volet de la mission ont été :

  1. la recherche de nouvelles concentrations d'art rupestre et leur comparaison avec celles des grands sites de Khishâm et de Kefra ;
  2. l'évaluation du potentiel archéologique en bordure du plateau du Hemma.

        Tous les secteurs ont été prospectés en vue de repérer et de documenter l'art rupestre, mais la récolte de matériel de surface n'a été effectuée que dans une série restreinte de secteurs particulièrement riches. Ce choix s'explique par le caractère préliminaire de la prospection archéologique ; celle-ci sera reprise de façon systématique lors des prochaines campagnes.

        Par ailleurs, nous avons entrepris l'établissement d'une base de données photographique à l'aide d'un appareil numérique. Cette base de données comprend des vues générales des architectures rencontrées, des principales roches gravées, des photographies des sondages et des éléments de culture matérielle les plus significatifs. A ce jour, cet enregistrement compte près de 600 entrées.

Résultats

Art rupestre

        Des gravures ont été repérées en quantité variable dans l'ensemble des secteurs prospectés ; le nombre des roches gravées pouvant varier d'une quinzaine dans les environs d'al-Halalia à près de 500 à Kefra-Est. Ce dernier secteur prolonge vers l'Est le site de Kefra étudié par Serge Lemaitre.

        Dans l'ensemble, le répertoire iconographique paraît dominé par des animaux de type " bouquetin " ou " gazelle ", ainsi que par des personnages anthropomorphes aux bras levés. Quelques roches présentent des scènes complexes qui trouvent des comparaisons sur les sites de Khishâm et de Kefra : chasse au lion menée par un personnage anthropomorphe à tête d'animal, figures scalariformes, anthropomorphe debout sur un animal (divinité).

Animaux du Bronze récent

1 : Kefra-Est. 2 : Khishâm-1-Nord. Animaux dont le corps est figuré par deux triangles opposés par la pointe. Cette convention iconographique est attestée dans le décor céramique au Bronze récent (1600-1100 av. n. ère).

 

Divinité au trident

Khishâm-1-Nord, Secteur 3 : un personnage tenant un trident et muni d'une épée à la ceinture représente vraisemblablement une divinité. (2ème millénaire ?).

        De nouveaux groupes de représentations de desert-kites ont été découverts à Um el-Masamir et al-Rahmaniya.

Umm el-Masamir : desert-kite

Umm el-Masamir , Secteur 6 : relevé d'une des représentations de desert-kite.

        En incluant les sites de Khishâm et de Kefra, l'inventaire des gravures de ce type se monte actuellement à près de 70 exemplaires. Cette multiplicité et la diversité formelle des représentations souligne l'importance symbolique de ces structures, dont la destination exacte reste débattue, bien que leur fonction de piège paraisse évidente.

Structures archéologiques

        D'innombrables structures archéologiques ont été reconnues sur les escarpements du plateau du Hemma :

  1. structures sub-circulaires à murs généralement épais, dont le diamètre oscille entre 3 et 15 m, et qu'il serait probablement abusif d'identifier systématiquement à des enclos ;

    el-Barfoïya : cercles de pierre

    El-Barfoïya : cercles de pierre en bordure d'un wadi.


  2. structures quadrangulaires de dimensions fortement variables, présentant dans de nombreux cas des divisions internes ;

    Bashkoy : structure rectangulaire dans un enclos.

    Bashkoy : structures rectangulaires dans un enclos.


  3. quartiers organisés de part et d'autre de rues encore visibles ;
  4. desert-kites .

    Kite entre Tell Beydar et Qasrek&.

    Desert-kite entre Tell Beydar et Qasrek.

        Dans tous les cas, la datation de ces structures reste malaisée. En effet, celles-ci ne livrent que rarement du matériel en surface et, pour le moment, aucune association récurrente n'a pu être déterminée entre un type précis de structure et une culture matérielle déterminée. Notons cependant que la céramique néo-assyrienne semble constituer le " bruit de fond " sur l'ensemble du territoire considéré. Par ailleurs, il convient de noter que la conservation de ces architectures est hautement menacée par les travaux agricoles et l'intense activité de dépierrement qui l'accompagne.

        Le résultat le plus significatif, du point de vue des structures construites, est sans conteste la découverte, dans l'ensemble de la région prospectée, de onze desert-kites qui viennent s'ajouter aux quatre exemplaires découverts à ce jour à Khishâm-2 : deux à Kefra, deux entre Tell Beydar et Qasrek, deux à Khishâm-1, et un dernier à el-Barfoïya.

        L'implantation des desert-kites est toujours étroitement liée à la topographie naturelle du lieu choisi. Un des murs court parallèlement à la bordure du plateau, tandis que l'autre plonge vers le wadi pour bloquer l'accès à la vallée. L'enclos est implanté sur le flanc de la vallée ou sur sol horizontal en fond de vallée, ou sur le plateau. L'emplacement des cellules circulaires sur le pourtour semble apparemment répondre à des procédés récurrents : présence aux angles du polygone et le long du mur le plus bas.

 

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Dernière mise à jour: le 5 janvier 2003