Conclusion
Paul-Louis van BERG, Khaled AHMO, Vincianne PICALAUSE, Nicolas CAUWE, Frans
DEPUYDT, Jean-Pierre HENIN, Serge LEMAITRE, Marc VANDER LINDEN
Les objectifs poursuivis ont été largement atteints.
Le relevé des gravures
à Khishâm-2 par V. Picalause est pratiquement terminé. La
prospection, la numérotation et le relevé des gravures de Kefra
ont fourni un matériel suffisant pour que S. Lemaitre puisse en
commencer l'étude.
L'élargissement des
Sondages 4 et 5 pratiqués en 2001 au Quartier V de Khishâm-2 a
permis de dégager complètement la base d'une maison à
laquelle le matériel trouvé sur le sol permet d'assigner une date
néo-assyrienne et non hellénistique, comme nous l'avions d'abord
supposé (rapport 2001).
Les prospections ont couvert
une distance de 25 km, sur les pentes orientales du plateau du Hemma. Elles ont
montré que les gravures rupestres y étaient répandues
partout, avec deux concentrations principales à Khishâm et
à Kefra. A ce jour, le nombre des roches gravées
découvertes dans la région s'élève à plus de
2200.
Les structures construites sont
également omni-présentes en bordure du plateau et le long de tout
le réseau hydrographique qui parcourt celui-ci. Les trois concentrations
principales, longues de plus de 2 km, correspondent aux sites de Khishâm,
Kefra et al-Rahmaniya.
A Khishâm-2, les
structures archéologiques couvrent une surface plus importante qu'on ne
l'avait d'abord soupçonné (entre 60 et 100 ha),
étirée le long du wadi Kakhort et de ses deux affluents
méridionaux. Il nous est apparu à plusieurs reprises que les
quartiers établis sur les pentes étaient limités ou
cernés par de gros murs, larges de 1m ou plus. En outre, la
présence de bâtiments quadrangulaires munis de murs épais
suggère l'existence d'une architecture officielle. Les sondages devront
être poursuivis afin de déterminer si plusieurs quartiers, voire
tous, ont été contemporains et organiquement liés.
Dans l'ensemble, nous disposons
de plusieurs catégories de témoignages assez homogènes et
qui semblent appartenir à des phases chronologiques cohérentes.
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Les 11
desert-kites
découverts jusqu'ici suggèrent une organisation
économique globale liée à la capture d'animaux. Ces
monuments ne sont pas datés pour le moment, mais la comparaison avec
ceux d'autres sites proche-orientaux suggère une datation haute, au
Chalcolithique ou au Bronze ancien. Les quelque 70 représentations de
tels monuments dans l'art rupestre de toute la zone prospectée
appartiennent certainement aux mêmes phases culturelles, ainsi que les
types de personnages et d'animaux qui les accompagnent.
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Une série de gravures rupestres indique très nettement le 3
ème
millénaire. L'attribution de gravures au 2
ème
millénaire reste à évaluer, mais celle de quelques
éléments à l'époque parthe paraît mieux
assurée.
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Les sondages opérés dans une maison du Quartier V de
Khishâm-2, les comparaisons architecturales et les récoltes de
céramique effectuées lors des prospections, montrent l'existence
d'une nappe d'occupation néo-assyrienne dans toute la zone
considérée.
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La catégorie de témoins la plus énigmatique est
constituée par les structures circulaires en pierres, présentes
sur tous les sites prospectés. Jusqu'ici, seules celles de
Khishâm-2 Quartier VII, Um el-Masamir et al-Rahmaniya ont livré un
matériel céramique et/ou lithique abondant. A Um el-Masamir et
à al-Rahmaniya, le matériel lithique évoque plutôt
le Néolithique. A Khishâm-2, quelques éléments
céramiques renvoient à la culture halafienne. Par ailleurs,
l'épaisseur des murs et le soin apporté à leur
construction paraît exclure une attribution à des populations
nomades, de même qu'une fonction exclusive d'enclos. Des sondages
effectués au cours des prochaines campagnes devraient nous aider
à préciser l'attribution culturelle de ces structures. Il est
tentant de les associer aux bâtisseurs des
desert-kites
,
mais il est trop tôt pour se prononcer.
Soulignons enfin que la présence d'une occupation hellénistique
est moins évidente qu'il n'avait paru l'année dernière.
Le paysage archéologique
du Hemma commence donc à prendre de la cohérence et de la
consistance. Les prochaines campagnes devront préciser la chronologie et
la nature des occupations. Il restera aussi à comprendre quels
épisodes climatiques, économiques et politiques ont amené
des occupations aussi denses de la périphérie et de
l'intérieur du plateau, souvent à peu de distance des tells qui
s'égrènent sans solution de continuité dans la
vallée du wadi Aweidj.
Un voile se lève peu à peu pour nous découvrir une face
nouvelle du passé de la Djézireh syrienne, en marge de
l'archéologie des tells. Que toutes les autorités et institutions
qui ont permis de mettre sur pied la Mission de Khishâm en soient
chaleureusement remerciées.
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