Angle nord-ouest de la Pièce 1074. A gauche : l'escalier menant à la cour centrale. A droite, sur le sol 1088 : une jarre entourée de pierres et munie de son couvercle. |
Khishâm-2, Quartier IV
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Plan de la pièce méridionale de la partie basse (1016). Le mur nord est encore couvert d'éboulis. |
Au
Sud-Est, à la
jonction des deux wadis, entre les murs 1012 et 1115, une
première
pièce (1016), alignée sur un axe Est-Ouest,
est
délimitée par quatre murs, larges de 0,75
à 1 m,
construits en blocs de petit calibre. Comme les autres
murs visibles des deux
côtés, ceux-ci montrent deux parements
relativement
soignés, tandis que l'espace qui les sépare
est rempli de
blocaille. La pièce 1016 occupe 16,75 x 6,25 m,
soit 104,68 m²,
pour un espace utile de 68,60 m². Cette pièce
n'a pas
été fouillée.
Au nord du
mur 1008 s'ouvre un
espace de 17 x 19 m (1007). Cet espace est partiellement
encombré par
les éboulis des murs qui l'enferment.
La
pièce 1130, est
installée dans le Nord de l'espace 1007. Elle est
munie au Sud,d'une
porte
donnant accès à cet espace.
Plan de la pièce 1130 : fouille en cours (document de travail). |
Plus au
Nord, on trouve un
nouveau mur de soutènement de terrasse (1003)
aligné sur un axe
Nord/Sud. A cet endroit, la pente naturelle du sol d'Ouest
en Est est
conservée et aménagée par les murs
1005 et 1006,
mutuellement distants de 4 m. Ces murs, dont deux à
trois assises sont
conservées, partent du mur 1003 et montent vers
l'Ouest pour se terminer
à quelques mètres de la troisième
terrasse ; leur
position stratigraphique, au-dessus d'une épaisse
lentille cendreuse
renfermant du matériel archéologique, montre
que ceux-ci
n'appartiennent pas aux premiers moments de l'occupation
du site.
L'espace
qui sépare les
murs 1005 et 1006, est occupé, immédiatement
sous la surface
actuelle, par une importante couverture de pierres (1017)
partiellement
refendue par des alignements de blocs ou des murets
horizontaux ; il
semble que ce dispositif représente les vestiges de
gradins ou d'un
escalier à larges marches. L'ensemble
matérialise peut-être
une voie de passage reliant la troisième terrasse
au wadi Kakhort.
En
plusieurs points de cette
partie basse du Quartier IV, la nature et la succession
chronologique des
divers murs et réaménagements ne pourront
être
déterminés qu'après
l'évacuation des
éboulis, au cours des prochaines campagnes. De
même, le
caractère superficiel de l'exploration ne permet
pas encore
d'hypothèses quant à la nature et à
la relation
chronologique des pièces 1016 et 1130 mises en
évidence de part
et d'autre de l'espace 1007 qui est probablement une
grande cour ouverte.
Cette
partie du Quartier IV est
entièrement occupée par des espaces
architecturés,
limités au Sud et à l'Est par les wadis et,
le cas
échéant, par les rochers plus ou moins
escarpés qui les
bordent. Au Nord et à l'Ouest des murs qui ferment
ce Quartier
s'étend un espace d'une trentaine de mètres,
vide de tout vestige
archéologique, donnant accès aux grands
bâtiments du
Quartier I, installés sur le sommet du plateau.
En bordure
est de la
troisième terrasse, affleurant à une
altitude de ± 387
m, une grande pièce barlongue (1074)
a été relevée et
partiellement explorée. Cette pièce est
attenante à un
grand espace quadrangulaire (1118) d'environ 10 x 17 m,
probablement non couvert.
Dans ce dernier, l'enlèvement de la couche
superficielle a mis au jour
une massse d'éboulis dont la face supérieure
forme une large
cuvette. Il paraît actuellement s'agir d'une cour
autour de laquelle
s'articulaient plusieurs corps de bâtiment.
Les
dimensions de la
pièce 1074, murs compris, sont de 15 x 6, 5 m, soit
une surface totale
de 97,5 m² pour une surface utile d'environ 50
m². Elle est munie
à l'Ouest d' une porte traversée par un
escalier large d'environ
1 m, donnant accès à l'espace 1118. A en
juger d'après les
irrégularités du plan et de l'appareillage
des pierres, cette
pièce a été construite en deux temps.
Sa longueur
originelle devait approcher les 11 m ; une extension
de 4 m y fut
ajoutée ensuite en direction du Sud.
Le mur qui
ferme cette
pièce à l'Ouest, fait de gros blocs
soigneusement
appareillés, est conservé sur une hauteur
d'environ 1,5 m. Il
présente une légère inclinaison vers
l'Est, tandis que les
assises restantes du mur est, de bas en haut, sont chacune
déportées vers l'Est par rapport à la
précédente. Ceci suggère qu'un
tassement progressif des
murs et/ou du sol en cet endroit a favorisé
l'écroulement du
bâtiment.
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Un sol supérieur
blanchâtre (1085) a été
dégagé à 0,70
m sous la surface. De la faune, quelques tessons
et une fusaïole ont
été
trouvés sur ce sol. Une grande jarre
enterrée
calée par des pierres et encore couverte
d'une plaquette en basalte (2)
fut
réutilisée à ce niveau.
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Ces données permettent d'attribuer une fonction culinaire à la pièce 1074.
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La grande jarre entourée de pierres. |
Le dispositif de fixation de la crapaudine avec ses trois pierres de calage. |
Certains éléments de la culture matérielle recueillis au Quartier IV autorisent une première approximation de sa position chronologique. Il semble, en effet, que la céramique recueillie en stratigraphie soit postérieure à l'époque néo-assyrienne.
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Un fragment supérieur de #171; plaquette d'Astarté », retrouvé dans un petit empierrement situé au Sud du tannour , est assignable au V ème ou au IV ème siècle (Pruss 2000 et comm. pers. ; Elayi 2000) et assure que le sol le plus ancien (1088) est d'époque achéménide ou antérieure. Khishâm-2 constitue pour le moment le site le plus oriental où une telle plaquette ait été découverte. |
Néanmoins, la prudence
s'impose dans la mesure où la typologie
céramique qui
caractérise cette époque dans
la région est encore mal connue et où on
sait que de
nombreuses formes néo-assyriennes se sont
maintenues. Notons
également que les aspects typiquement
hellénistiques tels que la
glaçure verte ou les formes grecques
importées ou
fabriquées sur place sont absents.
Dans
l'état actuel des
connaissances, une datation du bâtiment
étudié entre le
début du VI
ème
et la fin du IV
ème
siècle avant notre ère paraît
probable. Si cette
attribution à la période
néo-babylonienne/mède ou
achéménide se voyait confirmée,
l'ensemble architectural
du Quartier IV de Khishâm-2, illustrerait une des
périodes les plus
mal documentées dans le triangle du Khabour
(Lyonnet 2000).
- ELAYI J., 1991. Deux ateliers de coroplastes
nord-phéniciens et
nord-syriens sous l'empire perse.
Iranica Antiqua
26 : 181-216, pls I-X.
- LYONNET B. (éd.), 2000.
Prospection archéologique du Haut-Khabur occidental (Syrie du N.E.).
Volume I.
Beyrouth, Institut Français d'Archéologie du
Proche-Orient
(Bibliothèque Archéologique et Historique
155) : 267 p. +
résumé en arabe : 15 p.
- PRUSS A., 2000. Patterns of Distribution: How Terracotta
Figurines were
traded.
Transeuphratène
19: 51-63.
- van BERG P.-L.
et al
., 2002.
Archéologie et art rupestre du Hemma. Mission de Khishâm, Rapport
interne n° 1
. Bruxelles, Centre de Recherche interfacultaire
« Espaces et
Sociétés - approches
comparatives » (ULB), 56 p., 40 pl.
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Dernière mise à jour: le 21 janvier 2004.