Quartier IV: vue générale

Khishâm-2 : le Quartier IV (moitié sud) au début de la Campagne 2003.

Archéologie et art rupestre du Hemma
(Djezireh syrienne)

Mission de Khishâm - Campagne 2003

La mission Sondages à Khishâm-2, Quartier V Art rupestre à Khishâm-1, Secteur 3
Topographie Céramique de Khishâm-2, Quartier V Art rupestre à Kefra
Sondages à Khishâm-2, Quartier IV Sondages à Khishâm-2, Quartier VII Conclusion
Céramique de Khishâm-2, Quartier IV Art rupestre à Khishâm-2 Bibliographie

 

Khishâm-2, Quartier IV

La céramique

Marc Vander Linden (Fonds national de la Recherche scientifique, Université Libre de Bruxelles)

Objectifs

        Les sondages réalisés dans le Quartier IV ont livré une céramique abondante. Les premières analyses concernent des matériaux dont la position stratigraphique est clairement établie. Il s'agit des tessons provenant de la tranchée 1043 et de la pièce 1074, dont la chronologie est en partie assurée par la découverte d'un fragment de « plaquette d'Astarté » d'époque achéménide.

L'étude poursuit un double objectif :

  1. contrôler les relations éventuelles entre les niveaux stratigraphiques et la variabilité de la culture matérielle ;
  2. proposer quelques éléments de typologie d'une poterie vraisemblablement achéménide. En effet, cette poterie est peu connue en Djézireh syrienne et d'autant plus difficile à individualiser que nombre de formes néo-assyriennes se maintiennent pendant plusieurs siècles, éventuellement jusqu'à la période hellénistique (R. Martin Galán comm. pers., octobre 2003). L'exploration, au Quartier IV de Khishâm 2, d'un site occupé pendant la période achéménide permettra peut-être de combler cette lacune de la typo-chronologie régionale.

Technologie

        Les données relatives à la technologie sont actuellement confinées à la caractérisation de groupes de pâtes. Pour le reste, à l'exception du Groupe I, toutes les céramiques semblent avoir été produites au tour.
Quatre groupes de pâtes ont été distingués :

Groupe 1
        Céramique aux parois épaisses (entre 1 et 2 cm) de couleur gris-vert. La pâte est homogène et présente, dans quelques cas, des traces restreintes de dégraissant végétal. Il s'agit de la seule céramique non tournée de tout l'assemblage ;

Groupe 2
        Céramique dont l'épaisseur des parois est comprise entre 0,7 et 1,5 cm. La pâte est de couleur gris-beige et homogène. On ne note pas de dégraissant visible à l'œil nu, à l'exception de petites (<1 mm) inclusions (naturelles ?) de mica ;

Groupe 3
        Céramique dont l'épaisseur des parois est comprise entre 0,7 et 1,5 cm. La couleur des surfaces varie du rouge au beige, tandis que la tranche est souvent beige. La pâte est homogène, mais présente des inclusions (<2 mm) de mica relativement fréquentes, parfois visibles en surface ;

Groupe 4
        Ce groupe réunit, de façon quelque peu arbitraire, tous les tessons de céramique fine. Ceux-ci sont peu nombreux (bords et fonds absents) et présentent diverses couleurs (orange-beige, gris-beige, …).

Les assemblages de tous les loci étudiés sont largement dominés par les Groupes 2 et 3.

Morphologie

        Cinq classes typologiques ont été définies sur base des tessons de bord :

Céramique Classe I

Classe I. Récipients à col droit et lèvre arrondie ; 10 cm < Ø < 15 cm.

Céramique Classe II

Classe II. Récipients à lèvre arrondie, épaissie vers l'extérieur et rebord anguleux. Cette classe groupe un ensemble de lèvres et de formes plus large que celui de la classe 1. On observe une certaine diversité des modes de façonnage de la lèvre (repliée, …). Les formes sont toujours ouvertes ; 8 cm < Ø <20 cm.

Céramique Classe III

Classe III. Rrécipients dont la lèvre, épaissie vers l'extérieur, présente une section triangulaire ; 10 cm < Ø 20 cm.

Céramique Classe IV

Classe IV. Récipients à lèvre marquée par une légère saillie et rebord asymétrique   ; 9 cm < Ø < 20 cm.

Céramique : Classe V

Classe V. Bols à profil simple et lèvre arrondie. Cette classe ne comprend que deux exemplaires.

En outre, diverses formes sont représentées par un seul individu :

Céramique : formes diverses

  1. jarre de stockage (diam. ouverture : 50 cm) : lèvre à section triangulaire et rebord présentant deux cannelures  ;
  2. jarre de stockage (Ø: 25 cm) lèvre formant une saillie semi-circulaire  ;
  3. cul d'amphore en ogive  ;
  4. fragment d'anse trilobée.

        Quelques fonds ont également été mis au jour, mais aucune régularité typologique ne se dégage ; les bases annulaires sont fréquentes et un grand vase présente un fond plat.

Décors

        Les décors sont fort peu représentés : un tesson porte quelques lignes parallèles incisées, deux autres des bandes horizontales peintes, et un dernier individu montre une impression sub-circulaire.

Discussion

        Toutes les classes typologiques définies ci-dessus se retrouvent dans les divers assemblages étudiés. Seul le sol inférieur de la pièce 1074 présente quelque différence, avec une forte proportion de jarres de stockage liée à la fonction culinaire de cette pièce.

        Les récipients des Classes I et II se retrouvent dans l'assemblage néo-assyrien (VII
ème siècle BC) de la pièce 0032 (Quartier V de Khishâm-2). Par contre, les formes de la Classe III ne semblent guère trouver d'équivalent dans les productions néo-assyriennes, et peuvent être appréhendées comme un aspect évolutif des formes de la classe II. Les récipients de la Classe IV ne trouvent pas plus de comparaisons dans la céramique néo-assyrienne.

        Par ailleurs, le cul d'amphore en ogive mis au jour immédiatement au-dessus du sol de la pièce 1074 peut être rapproché de matériaux du Niveau 4 du site de Khirbet Khatuniyeh (Iraq ; Curtis, Green 1997 : fig. 39, n° 166), daté de la fin de la période néo-assyrienne, après 612 avant notre ère. Ce site fournit donc, pour cette forme céramique, un terminus post quem qui n'est pas incompatible avec la datation présumée des assemblages étudiés ici.

Conclusion

bsp;       L'homogénéité typologique rencontrée à travers le site semble plaider en faveur d'une utilisation relativement brève du Quartier IV, ainsi que le suggèrent également plusieurs données architecturales. Néanmoins, cette conclusion doit être tempérée par le caractère ubiquiste de formes dont une partie est directement héritée de la période néo-assyrienne.

        A ce propos, l'existence de la classe typologique III, apparemment propre aux assemblages étudiés, donne quelque espoir quant à la possibilité d'individualiser typologiquement la phase achéménide. En raison de son importance pour l'archéologie de Khishâm-2 et, plus généralement, de la région, cette question sera traitée de manière plus approfondie à l'occasion des prochaines campagnes.

Bibliographie

- CURTIS J., GREEN A., 1997. Excavations at Khirbet Khatuniyeh . London : The Trustees of the British Museum (Saddam Dam Report 11) : 120 p., 68 figs, 24 pls.

 

<< Précédente Sommaire 2003 Suivante >>
Accueil Rapport 2001 Rapport 2002 Rapport 2004 Rapport 2005

Dernière mise à jour: le 23 janvier 2004.