Khishâm : étude de la céramique

Florence Cosme étudie la céramique néo-assyrienne du Quartier V de Khishâm-2.

Archéologie et art rupestre du Hemma
(Djezireh syrienne)

Mission de Khishâm - Campagne 2003

La mission Sondages à Khishâm-2, Quartier V Art rupestre à Khishâm-1, Secteur 3
Topographie Céramique de Khishâm-2, Quartier V Art rupestre à Kefra
Sondages à Khishâm-2, Quartier IV Sondages à Khishâm-2, Quartier VII Conclusion
Céramique de Khishâm-2, Quartier IV Art rupestre à Khishâm-2 Bibliographie

 

Khishâm-2, Quartier V

La céramique de la pièce néo-assyrienne 0032

Florence Cosme (Université Libre de Bruxelles)

        Le sondage effectué dans la pièce 0032 et une partie de l'enclos qui la borde au Sud a livré 3700 tessons de poterie d'époque néo-assyrienne. Plus d'un quart de ce matériel provient du remplissage supérieur (0046) de la pièce 0032 et environ un cinquième de la couche superficielle (0039) d'une partie de l'enclos (0011).

        L'étude en cours concerne la morphologie des récipients, le traitement des matières premières, les techniques de fabrication et de finition, ainsi que les décors.

        Des bords et des bases représentatifs des différentes tendances morphologiques ont été dessinés. Seuls deux profils complets ont pu être reconstitués.

Morphologie

        La fragmentation du matériel céramique interdit de proposer un inventaire complet des formes des récipients.

 

Quartier V: céramique 1

        Les formes ouvertes comportent des coupes ou des bols de petite taille (diam. : 10-16 cm) aux parois minces, et à pâte de texture très fine ... ainsi que des plats et de grands bols aux bords très larges et très épais.

 

Quartier V: céramique 4

        Les formes fermées comportent des jarres (dont on possède un profil complet) et ...

 

Quartier V: céramique 3

... plus rarement, de la vaisselle très fine, souvent à col haut.

 

Quartier V: céramique 5

     Les récipients les plus fréquents semblent être de petites jarres à panse globulaire (les parois sont généralement épaisses d'un cm) de couleur orange/rouge ou verdâtre.

 

        On distingue plusieurs types de lèvre. Les plus courants présentent un épaississement externe arrondi et un rebord plat ou arrondi.

Quartier V: céramique 2

     La lèvre est fréquemment obtenue par un reploiement de la pâte vers l'extérieur ; celle-ci est alors appliquée au haut de la panse ou au col, tantôt totalement, tantôt laissant apparaître un vide entre les deux.

 

Quartier V: céramique 6

     Les bases sont arrondies, à pied annulaire ou, plus rarement, plates à pied discoïde.

Les organes de préhension et les couvercles sont absents.

Traitement des matières premières

        L'observation des pâtes fut faite à l'œil nu sur cassures fraîches. Trois grandes variétés ont pu être identifiées selon leur texture grossière, fine ou très fine. Ces groupes se différencient principalement par l'abondance et la nature des inclusions non plastiques.

        Plusieurs techniques de préparation de l'argile ont donc été décelées. Des fragments de végétaux (paille, glumes ?) allongés (< 5 x 1 mm) sont utilisés comme dégraissant dans la plupart des récipients, à l'exception des plus petits. La proportion de ce dégraissant varie en fonction de l'épaisseur de la paroi : très peu présent, voire inexistant, dans les pâtes à texture très fine, il est très abondant dans les pâtes à texture grossière (épaisseur > 1 cm). Anastasio (1999 : 176) affirme que les pâtes à texture très fine ont probablement été dégraissées à l'aide de sable fin.

        Les pâtes de texture fine contiennent du dégraissant végétal en abondance, mais se différencient des textures grossières, caractérisées par de nombreuses vacuoles laissées par les fragments organiques brûlés.

        Des inclusions minérales blanches ont également été observées, en quantité variable, dans la plupart des tessons. Il pourrait s'agir de carbonates de calcium comme le suggèrent Wilkinson et Barbanes (2000 : 409). Il est impossible de déterminer si ces inclusions ont été ajoutées intentionnellement ou si elles sont naturellement présentes dans l'argile. Les micas sont également présents mais en petites quantités.

Techniques de fabrication

        Bien que le façonnage au tour soit attesté en Mésopotamie depuis la fin du 4 ème millénaire (Lyonnet 2000 : 15), je n'ai pu identifier jusqu'ici que d'autres techniques, telles que le montage au colombin reconnu sur la base de configurations diagonales observées sur les tranches, et le moulage de certaines bases. Quelques tessons présentent deux couches d'argile appliquées l'une sur l'autre, peut-être afin de renforcer le fond ou de modifier l'épaisseur du récipient. Des traces de raccord entre le fond et la panse sont également visibles. Deux techniques ont pu être combinées dans le montage d'un même pot.

        Après cuisson, les pâtes à texture grossière sont noires à coeur, tandis que les surfaces interne et externe présentent des tons rouges ou orangés. Ce phénomène est dû à une oxydation incomplète. Pour les pâtes à textures fine ou très fine, les surfaces et la tranche sont de même teinte.

Techniques de finition

        Aucun exemple de polissage n'a été remarqué. Les poteries ont seulement été lissées. Un engobe, souvent de couleur rosâtre et tendant à se desquamer, a parfois été appliqué sur la face interne du récipient.

Décors

        Les décors sont rares. Les plus fréquents sont des incisions linéaires ou des cordons modelés dans la masse.

 

Quartier V: céramique 7

     Un tesson montre de petites impressions réalisées au moyen d'une baguette (1).Un autre (2) présente des cercles profondément imprimés (intrusion ?). Le troisième est orné d'un angle fait de lignes parallèles incisées, interrompu par un bouton appliqué, et d'un cordon encoché.

        Quelques tessons de céramique fine ont livré des traces de peinture appliquées en bandes horizontales. Notons également la présence d'un bassin à paroi épaisse, décoré sous le rebord d'une rangée d'impressions au pouce.

Comparaisons

        On observe au premier abord de fortes ressemblances entre le matériel du Bâtiment 1 et celui qui a été trouvé sur les sites de Qasrij Cliff (Curtis 1989) et de Khirbet Khatuniyeh (Curtis, Green 1997), tous deux situés en Iraq. Toutefois, une étude typologique plus précise reste à réaliser, ainsi que des comparaisons avec d'autres sites.

Bibliographie

- ANASTASIO S., 1999. Prospection archéologique du Haut-Khabur occidental (Syrie du N.E.). Preliminary information on the pottery of the Iron Age. Dans : Hausleiter A., Reiche A. (éds). Iron Age Pottery in Northern Mesopotamia, Northern Syria and South-Eastern Anatolia. Münster, Ugarit Verlag : 173-191.

- CURTIS J., 1989. Excavations at Qasrij Cliff and Khirbet Qasrij . London, The Trustees of the British Museum (British Museum Western Asiatic Excavations I, Saddam Dam Report 10) : 75 p., 49 fig., 13 pl.

- CURTIS J., GREEN A., 1997. Excavations at Khirbet Khatuniyeh . London, The Trustees of the British Museum (Saddam Dam Report 11) : 120 p., 68 fig., 24 pl.

- LYONNET B. (éd.), 2000. Prospection archéologique du Haut-Khabur occidental (Syrie du N.E.). Volume I. Beyrouth, Institut Français d'Archéologie du Proche-Orient (Bibliothèque Archéologique et Historique 155) : 267 p. + résumé en arabe : 15 p.

- WILKINSON T.J., BARBANES E., 2000. Settlement Patterns in the Syrian Jezira during the Iron Age. Dans : Bunnens G. (éd.). Essays on Syria in the Iron Age. Louvain, Peeters : 397-422.

 

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Dernière mise à jour: le 25 janvier 2004.