Khishâm-2 : surfaces gravées dans les éboulis du Secteur C.
Khishâm-2
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Kh2-C22.
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Kh2-D76.
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Kh2-D59b.
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Kh2-G37.
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Les modes de répartition topographique des roches gravées ont été approchés au départ de la carte de Khishâm-2 réalisée lors des campagnes précédentes par Frans Depuydt et de l'observation de terrain. Cette phase consiste à observer, sous plusieurs aspects, les regroupements (thématiques ou non) et autres configurations singulières suggérées par la carte :
Les roches gravées sont généralement disposées en concentrations plus ou moins denses selon les cas, et rarement isolées. Cette distribution spatiale ne dépend pas seulement de la disponibilité de surfaces rocheuses appropriées, mais aussi d'une apparente volonté de groupement des gravures manifestée par leurs auteurs.
Quelques exemples montrent que
les thèmes ne sont pas répartis dans l'espace de manière
aléatoire. Les représentations de
desert-kites
sont souvent associées à des groupes de 2 à 6 roches
mutuellement peu distantes (intervalle de 1 à 6 m entre roches voisines)
et se trouvent plus rarement isolées.
De ce fait, l'observation
attentive de l'environnement immédiat des
desert-kites
gravés a régulièrement mené à la
découverte de plusieurs nouvelles représentations de
kites
à proximité des figures déjà connues. Il semble
donc que ces groupes thématiques soient un élément
important et significatif de l'organisation spatiale propre à cette
partie de l'art rupestre. Ce principe se retrouve sur d'autres sites, notamment
à Umm el-Masamir (Secteur 6) et à al-Rahmaniya où les
prospections menées en 2002 ont révélé de tels
assemblages de
desert-kites
gravés (Vander Linden, van Berg 2002 : 12).
Dans quelques zones, ce sont
d'autres thèmes qui apparaissent avec une fréquence
élevée. Mentionnons par exemple une concentration de bovins dans
la partie orientale du Secteur C (en sommet de pente) et une autre dans la
partie centrale du secteur D (également en sommet de pente). On note
également une zone apparemment consacrée aux lions, en haut de
pente, dans le Secteur D, ainsi que des figures canines en nombre
particulièrement élevé dans la partie occidentale du
Secteur C.
Dans certains cas, ces groupes
thématiques sont observables d'un point fixe, alors que dans d'autres,
la perception de ces ensembles nécessite un cheminement.
Bien que la typologie et la
stylistique ne soient pas encore établies pour l'ensemble des gravures,
on reconnaît une relative homogénéité stylistique
dans certaines constellations de roches gravées.
Par exemple, l'ensemble des
roches qui se distribuent autour de la roche B25 présente des gravures
de facture similaire. Ces pétroglyphes se trouvent de
préférence sur des surfaces inclinées de 0 à
45° de roches de hauteur modeste, formant une petite agglomération.
Sachant que le style de la roche B87, située sous le mur nord de la
pièce 0032 du Quartier V est en grande partie semblable à celui qu'on
observe sur la Roche B25, nous en avons déduit que celle-ci pouvait
également faire partie d'une telle agglomération. Cette
hypothèse est confortée par la découverte d'une nouvelle
roche gravée sous le mur ouest de la pièce 0032.
D'autres gravures,
représentant souvent des scènes complexes, semblent avoir fait
l'objet d'une attention particulière quant au choix du lieu
d'implantation (configuration du terrain et des roches environnantes) et de la
surface rocheuse (taille et visibilité), de façon à donner
à l'ensemble un caractère « spectaculaire »
ou « monumental ». Par exemple, la représentation de
desert-kite
de la roche F68 occupe une surface importante, bien visible, sur une roche aux
dimensions imposantes. Celle-ci est précédée d'une aire
dégagée (terrasse naturelle) où l'on imagine volontiers
que plusieurs personnes puissent s'installer. Vue d'un niveau inférieur,
la même roche est mise en valeur par deux grandes roches gravées
situées en léger contrebas, et qui paraissent l'
« encadrer ».
Si on n'observe guère de
régularités en ce qui concerne l'intégration des roches
gravées au paysage naturel, à l'exception de celles qui sont
imposées par la disponibilité de surfaces rocheuses propices,
l'implantation de certains pétroglyphes paraît liée
à la présence de structures archéologiques
particulières.
Ainsi, dans le Secteur B, un
mur orienté Nord-Sud, parallèle à la pente, se prolonge
vers l'Est en bord de plateau jusqu'au niveau du Secteur E, où il
redescend en direction du wadi Kakhort. Ce mur semble doté d'une logette
circulaire, située dans le bas du Secteur E, à un endroit
où le mur forme un coude. Un mur similaire occupe également la
pente, mais plus à l'Est, au début du Secteur F, et se prolonge
sur le plateau, où il finit par se perdre dans les champs. La structure
décrite pourrait constituer la partie subsistante d'un
desert-kite
ou d'un système de
desert-kites
, quoique le degré de conservation peu élevé et le
caractère fragmentaire de ces architectures imposent la prudence. Les
parties de ces murs qui traversent les zones à pétroglyphes sont
systématiquement bordées de concentrations de gravures de
desert-kites
en nombre variable, parmi lesquelles on compte au moins trois
représentations de
kites
à deux enclos.
Par ailleurs, la
majorité des
desert-kites
gravés se trouvent dans les Secteurs C, D, E et F, zone depuis laquelle
le
kite
du versant droit de la vallée est le plus visible et d'où sa
structure apparaît le plus manifestement.
Le corpus des
pétroglyphes de la vallée du Kakhort comporte actuellement un
total de 499 roches historiées, dont l'enregistrement
systématique peut être considéré comme
terminé.
Les observations de terrain
révèlent que l'art rupestre n'est pas implanté
aléatoirement dans l'espace, mais qu'il répond, au moins en
partie à une organisation spatiale régie par des critères
qu'il conviendra de préciser et d'expliciter. Le développement de
cette première approche permettra notamment d'étudier les
relations éventuelles unissant les configurations observées et
les variations typologiques ou stylistiques.
- VANDER LINDEN M., van BERG P.-L., 2002. Prospection archéologique sur le plateau du Hemma. Dans : van Berg P.-L., Ahmo K. (avec la participation de Cauwe N., Depuydt F., Hénin J.-P., Lemaitre S., Picalause V. et Vander Linden M.). Archéologie et Art rupestre du Hemma (Hassake, Syrie). Campagne 2002. Rapport préliminaire . Damas, Direction Générale des Antiquités et des Musées : 11-14.
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Dernière mise à jour: le 28 janvier 2004.