Conclusion générale
Paul-Louis van Berg, Johan Kasem, Aviva Cywié, Aurélie
Médici, Liselotte Mortier, Ilina Petrovska, Nicolas Cauwe, Christophe
Collard, Morgan De Dapper, Damien Flas, Serge Lemaitre, Charles Le Roij, Alain
Poljak, Koen Van Den Bossche, Marc Vander Linden
Archéologie
Les objectifs de la Campagne
2004 ont été largement atteints. Les représentants de
plusieurs institutions scientifiques belges et syriennes se sont
retrouvés sur le terrain. L'étude topographique des sites de
Khishâm a été poursuivie et l'analyse
géomorphologique du plateau du Hemma, entamée en relation avec le
travail des archéologues, a déjà donné ses premiers
résultats en ce qui concerne la nature du substrat et des colluvions,
les gisements de silex et la découverte de la 'butte' de Mensef.
Les recherches et sondages
archéologiques menés au Quartier IV de Khishâm-2 permettent
d'écarter définitivement les doutes qui auraient pu subsister
dans l'esprit de certains quant à l'existence sur le site de murs en
pierres conservés en élévation. Khishâm-2 est un
ensemble architecturé. De plus, le plan et l'organisation du Quartier IV
commencent à être mis en lumière, de même que la
séquence des remblais sédimentaires et des occupations. La
présence de plusieurs dispositifs économiques domestiques
(tannours, silo, citernes) a été mise en évidence.
L'analyse de la
céramique suggère que la Partie haute du Quartier IV appartient
globalement à la période néo-assyrienne, comme la
pièce fouillée en 2002-2003 au Quartier V.
Les modalités de la
présence achéménide sur le site doivent encore être
éclaircies. Aucune trace d'occupation ultérieure
(hellénistique, parthe, ...) n'est attestée.
Quelques journées de
prospection ont montré que si les façades occidentale et
sud-occidentale du Hemma semblent, pour le moment, plus pauvres en structures
archéologiques que la face qui longe le wadi Aweidj, quelques surprises
peuvent néanmoins être attendues, comme l'existence probable d'un
grand établissement habité à 'Ain al-Abed et d'une 'butte'
occupée à l'époque néo-assyrienne à Mensef.
Art rupestre
La Campagne 2004 a
également permis de reprendre et d'achever la documentation des sites
d'art rupestre de Khishâm-1-Sud et Khishâm-1-Nord ;
l'étude globale de ces sites pourra donc être entamée
incessamment. La documentation de l'art rupestre de Kefra suit son cours.
Quatre nouveaux sites d'art
rupestre ont été identifiés à Ain al-Abd,
Amrgubba-1 et 2 et à 'b-Naga. Ces gisements donnent à
penser que des gravures rupestres sont présentes tout autour du plateau
du Hemma. L'âge du Fer y est bien
représenté, ainsi que, apparemment, des périodes plus
tardives,
médiévales ou contemporaines.
La séquence
chronologique de l'art du Hemma se complète donc peu à peu. On
note en particulier pour cette année :
-
- à Khishâm-1, un personnage tenant à la main une hache
fenestrée, probablement des premiers siècles du 2e
millénaire avant notre ère ;
-
- à Kefra d'un dragon-serpent (
mušhuššu
) tel qu'on le connaît au 1er millénaire avant notre
ère ;
-
- à Khishâm-1-Sud et à Ain al-Abd, l'identification de
trois exemplaires de
l'étendard
du dieu Sîn de Harran . Ces
trois gravures renvoient très probablement au 1er millénaire
avant notre ère ;
-
- à 'b-Naga, Ain al-Abd, Amrgubba-1 et 2, une dizaine de
représentations de dromadaires isolés, face à un
capridé, tenus en laisse ou montés se sont ajoutées aux deux
figures identifiées récemment à Khishâm-2. Dans
cette région du Proche-Orient, le dromadaire est censé faire son
apparition vers le douzième siècle avant notre ère, ce qui
fournit un terminus
post quem
pour ces gravures. Des scènes complexes découvertes à
Amrgubba montrent que cet
animal fut aussi utilisé pour la chasse.
Par ailleurs, les
représentations de
desert kites
continuent de se multiplier. Il en va de même pour les gravures et les
scènes en rapport avec le monde surnaturel : divinités
debout sur un animal, démons et monstres. Ces dernières devraient
permettre de mieux apprécier les formes locales de la religion
populaire, que seules les figurines documentaient jusqu'ici.
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