Kefra : partie orientale de la zone étudiée
Kefra : partie orientale de la zone étudiée. A droite : la route qui mène du village au plateau.

Archéologie et art rupestre du Hemma
(Djezireh syrienne)

Mission de Khishâm - Campagne 2004

La mission Sondages à Khishâm-2, Quartier IV: Partie haute Art rupestre à Kefra
Géomorphologie Sondages à Khishâm-2, Quartier IV: Partie basse Prospections
Topographie Khishâm-2, Quartier IV: céramique Conclusion
Khishâm-2, Quartier IV: plan général Art rupestre à Khishâm-1, Sud et Nord L'art du Hemma

 

L'art rupestre de Kefra

Serge Lemaitre (Musées royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles)

Situation actuelle

        Intégrée à la Mission de Khishâm, l'étude systématique de ce site, découvert en 2001, est actuellement prise en charge par les Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles, dans le cadre d'une 'Action 1' octroyée par le Service de Programmation fédéral (SPF)-Politique scientifique.

        Localisé au Nord de la route d'Alep à Qamishly, le site s'étend dans une zone où le plateau basaltique du Hemma forme un cirque, long d'environ 3 km, tournant sa concavité vers le Sud (carte). Ce site, qui comprend de multiples vestiges de constructions en pierre et une grande quantité d'art rupestre, est divisé en deux parties par la route de terre orientée Nord-Sud qui, du village actuel de Kefra, monte sur le plateau.

        A l'Est de cette route, une prospection menée en 2002 par Marc Vander Linden et Paul-Louis van Berg avait permis de dénombrer environ 500 roches gravées.

        Quant à la partie occidentale du site, en cours d'étude, elle a été divisée en 10 secteurs (A à J), départagés par les trois wadi principaux ainsi que par des routes et dégagements anciens. Lors de la première prospection, en 2001, environ 700 roches gravées y avaient été repérées. Après un examen et une prospection approfondie des divers secteurs, on dénombre, à présent, 902 roches gravées pour l'ensemble de la zone étudiée (soit 48 de plus qu'en 2003) et donc environ 1400 pour l'ensemble du site. A ce jour, près de la moitié des rochers ornés ont été relevés.

Secteurs A B C D E F G H I J Total
Roches gravées 49 182 148 48 130 40 156 17 74 58 902
Roches relevées 49 182 148 48 130 3 16 4 12 11 613

La campagne 2004 visait à documenter les roches gravées des secteurs C, D et E.

 

Le secteur C

Kefra : secteur C
Kefra : aspect du secteur C.

        Orienté au Sud-Est, Le secteur C, couvre l'espace qui sépare le second wadi principal du tracé d'une route ancienne, environ 200 m plus à l'Est. Ce secteur, qui comporte un grand nombre de surfaces propices à la gravure, comprend aussi bien de petites roches que des blocs volumineux. La majorité de ceux-ci ont subi des attaques thermoclastiques importante, en sorte que de nombreux éclats jonchant le sol. Dans quelques cas, des remontages ont permis de compléter la scène figurée.

        L'analyse spatiale montre la présence de quatre grandes concentrations de roches ornées, caractérisées chacune par une ou deux roches de grandes dimensions portant de nombreuses figures indépendantes ou une scène complexe ; au voisinage immédiat de celles-ci, on trouve des roches plus petites, ne comportant généralement qu'une ou deux représentationss de capridés ou d'anthropomorphes aux bras levés.

Le secteur D

Kefra : secteur D
Kefra : sommet du secteur D

        Le secteur D est délimité, dans sa partie méridionale et septentrionale, par des zones sans roches qui peuvent avoir été d'anciennes routes ou rues. Il ne comporte qu'une cinquantaine de roches gravées réparties en deux concentrations. La partie supérieure est constituée de grands blocs en place, alors que la partie inférieure comprend des roches plus petites, dont quelques-unes ont roulé sur la pente.

Le secteur E

Kefra : aspect du secteur E
Kefra : aspect du secteur E. Dans l'angle supérieur droit : vestiges archéologiques.

     Ce secteur s'étend de la limite du secteur D au troisième wadi principal. Un wadi de moindre importance divise ce secteur en deux parties. Un canal d'irrigation parallèle au wadi principal a été creusé en 2004. Ce travail a requis le déplacement de plusieurs roches (dont deux roches gravées) et modifié sensible-
ment l'aspect général de ce versant.
     Si la première partie du secteur est riche en roches ornées, la seconde s'appauvrit du fait de :

  • l'absence presque totale de grandes roches ;
  • l'orientation dominante vers le Nord, impliquant une couverture de lichens sur la plupart des roches.

 

Iconographie

Kefra, secteur C : roche 86
Kefra, secteur C : roche 86.


Kefra, secteur E : roche 125
Kefra, secteur E : roche 125.


        Les secteurs C, D et E comportent principalement des représentations de « capridés » et « d'orants », même si des lions, des canidés, des cervidés et des figures scalariformes apparaissent également. Le secteur C comprend également des figures d'archers.

Kefra, secteur C : roche 44
Kefra, secteur C : roche 44 :  cerf.
Kefra, secteur C : roche 142
Kefra, secteur C : roche 142 : archer.

        Les scènes les plus fréquentes mettent en présence un ou plusieurs personnages et des « capridés ». Les anthropomorphes peuvent être en attitude d'orant ou toucher l'animal. Quelques scènes de chasse à la lance, à l'arc ou à l'épieu (?) apparaissent également.

        Plusieurs panneaux gravés renvoient à une thématique religieuse.

Kefra, secteur C, roche 98

Kefra, secteur C : roche 98 : démon-lion ; à ses pieds l'outil fourchu de Nergal.

Kefra, secteur C, roche 26
Kefra, secteur C : roche 26. Anthropomorphe debout sur un capridé. S'il s'agit d'une gazelle, ce pourrait être le dieu Amurru.

Kefra, secteur C, roche 25
Kefra, secteur C : roche 25. En haut à gauche : scène de chasse. A droite :  personnage tenant une échelle. En bas à gauche : griffon ou dragon.
Kefra, secteur E, roche 29
Kefra, secteur E : roche 29. A gauche : anthropomorphe. A droite : personnage portant une jupe ou idole ?


        Les trois techniques de gravure déjà observées dans les secteurs A et B (piquetage, rainurage et raclage sont également attestées en C, D et E. Elles peuvent être combinées entre elles. Quelques quadrillages et plusieurs animaux (majoritairement des « capridés ») ont été réalisés au moyen d'incisions fines.

        Les représentations qui semblent les plus anciennes (patine très foncée et usure des arêtes du piquetage) sont toutes de grandes dimensions et sont généralement gravées sur d'imposantes roches lisses. La plupart des représentations de lions apparaissent sur de telles roches.

 

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Dernière mise à jour : le 18 décembre 2004