Art rupestre à Kon Attar
Paul-Louis van BERG
(prof., Université Libre de Bruxelles)
Ilina PETROVSKA
(Université Libre de Bruxelles)
Morgan DE DAPPER
(Prof., Universiteit Gent, Faculteit van de Wetenschappen, Vakgroep Geografie)
Localisation
Le village de Kon Attar est
implanté dans une large vallée tributaire de celle de al-Harbawi.
Une distance d'environ 500 m y a été parcourue en une
journée de prospection préliminaire, le long du versant Nord-Est, entre
la tête nord-occidentale de la vallée et la route de terre qui
joint le village au plateau, en traversant la plaine alluviale en direction du
Nord-Est.
Archéologie
Kon Attar :
enclos de pierres en bas de pente.
|
Ce secteur offre deux types de
vestiges archéologiques : des enclos rectangulaires
séparés ou accolés et des enclos circulaires. Par
ailleurs, tous les versants visibles présentent de nombreuses
constructions de ce type, souvent réutilisées aujourd'hui. En
effet, les murs anciens sont couverts de dépôts récents de
blocs de basalte non enchâssés dans le sédiment. Cette
lecture est confirmée par le fait que, d'un bloc à l'autre,
surfaces noires et surfaces couvertes de lichens ne montrent aucune orientation
particulière.
Art rupestre
Supports
Les blocs de basalte
présentent une fragmentation importante liée aux variations
météorologiques. Parmi les quelque 130 roches gravées
repérées, beaucoup sont fortement érodées. Par
ailleurs, la colonisation progressive de nombreuses surfaces gravées par
les lichens montre que le vernis noir des surfaces exposées au Sud a
cessé de se former. Ce processus paraît correspondre à une
variation climatique importante dont la date reste à déterminer.
Données techniques
La taille des figures et leurs
proportions relatives montrent une grande variabilité : grandes
proies et petits chasseurs à cheval, etc. On observe quelques
superpositions de figures patinées différemment et quelques
modifications de figures préexistantes.
Thématique
Les lions, seuls ou
chassés par des hommes à pied ou des cavaliers, occupent une
place importante.
|
|
|
Kon Attar :
lion.
A droite
: anthropomorphe phallique et dépourvu de bras, patine plus
foncée. Les deux courbes au-dessus de la tête sont un ajout
ultérieur.
|
Kon Attar :
lion et lancier monté.
A droite
: un second cheval.
En haut
: inscription arabe récente.
|
Parmi les thèmes particuliers, on relève entre autres :
|
|
|
Kon Attar :
scène de la punition du pécheur. Une divinité ou un
démon, debout sur un autel tabulaire, précipite vers le bas une
autre figure qu'il tenait par un pied.
|
Umm er-Gubba-2 (Amrgubba-2) :
scène de la punition du pécheur, découverte en 2004.
|
|
|
|
Kon Attar :
Un personnage vêtu à la mode parthe appuie sa main droite sur le
pommeau de l'épée qu'il porte à la ceinture. De
l'épaule gauche parît sortir la moitié d'un arc
(superposition ?).
|
Kon Attar :
Le personnage du bas est assis ou couché. Celui du haut paraît
debout sur les mains ou les épaules du précédent. Les structures
arrondies qui l'entourent ont été gravées plus tard,
à l'aide d'un outil en métal.
|
Mais l'originalité de la
zone explorée se marque avant tout par le nombre exceptionnel des
représentations de
desert-kite
. Celles-ci peuvent se présenter en amas qui en rassemblent
jusqu'à une quinzaine sur une superficie de 50 m². L'état de
conservation de ces figures est également très variable: les unes
présentent une forte érosion, les autres sont nettement plus
fraîches. Ces différences reflètent probablement des
variations chronologiques.
Comme à Khishâm-2,
ces plans sont très diversifiés (demi-cercle, polygones,
rectangles, multiples formes irrégulières).
Inscription
|
Kon Attar :
une roche porte une inscription
arabe en caractères coufiques. La première ligne du texte dit :
«Allah connaît son (leur ?) secret ... ». Ce verset est
probablement emprunté à la
Sourate
9.78 : «Ne savent-ils pas qu'Allah connaît leur secret et
leurs conversations confidentielles et qu'Allah connaît parfaitement les
(choses) inconnaissables». Il ne subsiste que quelques lettres des lignes
suivantes. Les spécialistes consultés proposent de dater cette
inscription du VII
e
ou du VIII
e
siècle de notre ère.
|
|