Khishâm-2, Quartier IV :
								 Terrasses 1 et 2

Khishâm-2, Quartier IV : Terrasses 1 et 2.

Archéologie et art rupestre du Hemma
(Djezireh syrienne)

Mission de Khishâm - Campagne 2005


La mission Prospections à Makbara et au Dj. Gudj Art rupestre à 'b n-Naga [1] [2] [3]
Géomorphologie Archéologie et art rupestre à Bashkoy Art rupestre à al-Harbawi
Topographie Art rupestre à Kefra Art rupestre à Kon Attar
Sondages à Khishâm-2, Quartier IV Archéologie à 'bn-Naga Conclusions



Khishâm-2, Quartier IV sondages dans la Terrasse 2 (Partie haute)

Nicolas CAUWE (Prof., Musées royaux d'Art et d'Histoire et Université catholique de Louvain)
Kasem al-MOHAMMED (Attaché, Direction générale des Antiquités et des Musées de Syrie)
Charles LE ROIJ (Musées royaux d'Art et d'Histoire)

Note préliminaire

        Les premiers sondages entrepris au Quartier IV de Khishâm-2 remontent à l'année 2001. Après quatre campagnes de travaux, il nous a paru utile, par souci de clarté, de renommer les différentes terrasses qui le composent. Globalement, le Quartier IV s'articule autour de deux grands secteurs, respectivement dénommés Partie Basse (alt. ± 382/383 m) et Partie Haute (alt. entre ± 385 et 389 m) (van Berg, Petrovska 2004). La Partie Basse ne comprend qu'une seule terrasse, désormais appelés Terrasse n° 1 ; la Partie Haute en compte au minimum 5, dorénavant désignées par les n os 2 à 6.

  Partie Basse Partie Haute
2001-2004 Partie Basse 1 ère terrasse de la Partie Haute 2 e terrasse de la Partie Haute 3 e terrasse de la Partie Haute 4 e terrasse de la Partie Haute 5 e terrasse de la Partie Haute
2005 Terrasse n° 1 Terrasse n° 2 Terrasse n° 3 Terrasse n° 4 Terrasse n° 5 Terrasse n° 6

Tableau synoptique des différentes numérotations des terrasses du Quartier IV de Khishâm-2.

Introduction

        En 2003 et 2004, les sondages réalisés au Quartier IV concernaient la reconnaissance du plan général du site, ainsi que la nature des bâtiments implantés sur les Terrasses 1 et 4. La Terrasse 2, qui ne paraissait aménagée qu'à son extrémité sud-occidentale, semblait organiser la circulation entre les Parties Haute et Basse du site, séparées par de larges murs de soutènement (murs 1012 et 1530). Par ailleurs, cette terrasse est établie en bordure immédiate du confluent du wadi Kakhort et d'une petite vallée secondaire. Quels étaient les dispositifs établis dans ce secteur stratégique pour la défense du site ?

La cour 3071

Délimitation et structure

        La plus grande partie de la Terrasse 2 est vide de toute architecture. Cette cour intérieure, sur le pourtour de laquelle se distribuent les portes donnant accès aux bâtiments limitrophes, est ceinturée, en contrebas et en contre-haut, par des murs ou des bâtiments.

Plan de la Terrasse 2

Khishâm-2, Quartier IV, Terrasse2. Quadrillage : maille de 10 m.

        Au Nord, cette cour est délimitée par le mur de soutènement 1530 et, à l'Est, par le mur 1012, long de près de 30 m, conservé par endroits sur plus de 2 m de hauteur. Ce dernier soutient l'étagement principal du site, entre la Terrasse 1, d'une part, et les Terrasses 2 et 3, de l'autre.

        Au Sud et à l'Ouest, plusieurs pièces (1531, 1539, 1540 et 1541) bordent la cour et occupent le talus qui la sépare du petit wadi tributaire du wadi Kakhort. Ces bâtiments sont disposés en arc de cercle, suivant ainsi la topographie naturelle du lieu. La surface de la cour 3071 atteint 254 m
2 .

        A l'exception d'un silo (3042; Ø : ± 2,5 m) et d'un petit dallage de 2m
2 (3073), aucun aménagement n'a été repéré dans cette cour. Le niveau d'occupation, matérialisé par une série de tessons de poteries écrasées, consiste en une colluvion de saprolithes (décomposition in situ du basalte) fortement calcités, très compacts et très denses, en pente irrégulière depuis la face méridionale du mur 1530, jusqu'à proximité de la façade septentrionale des pièces 1531 et 1539 (pente du Nord-Ouest au Sud-Est; dénivellation totale de 1,5 m pour une longueur de 18 à 19 m).

Ces saprolithes colluviés et calcités sont assez imperméables. Aussi, en cas de pluie, le bas de la cour devait-il être facilement inondé. L'eau était évacuée par un simple trou d'écoulement (3078) réservé lors de la construction du mur 1534.

Système(s) d'accès

        Malgré son aspect peu soigné, la cour 3071 avait un rôle de distribution vers les pièces sud-occidentales (1531, 1539, 1540 et 1541). L'usage de ces bâtiments était donc lié à celui de la cour. L'accès à cette dernière reste difficile à établir. Il semble qu'il y ait eu une ouverture de 80 cm de large (3076), interrompant le mur 1012 près de l'angle qu'il détermine avec le mur 1535. Ce passage, ne fonctionna qu'un temps : en effet, lors de la seconde phase d'occupation, le mur 1013, formant la façade occidentale du bâtiment 1016 (Terrasse 1), a totalement obstrué cette ouverture.

        Les seuls autres accès sont deux portes pratiquées dans le mur de soutènement 1530. La plus orientale (3058) fut également condamnée lors de la seconde phase d'occupation, l'autre (3075) fut munie d'un seuil en basalte et d'un dallage de 2m
2 (3073), installé dans le haut de la cour 3071. La zone nord-occidentale de la cour n'a pas encore été totalement explorée et il se peut qu'une entrée ait été aménagée dans ce secteur. Par ailleurs, les portes 3058 et 3075 ne relient la cour 3071 qu'à des bâtiments aménagés au Nord du mur 1530, et non à l'extérieur du site.

        Quoi qu'il en soit, la Terrasse 2 ne dut jamais servir de liaison principale entre les Parties Basse et Haute du site. Il s'agit, apparemment, d'un secteur presque clos et à accès limité.

Mobilier

        Le mobilier retrouvé dans la cour est assez pauvre, sinon à proximité immédiate de la porte 3075. Là, près de 200 tessons de céramique jonchaient le dallage 3073 .

Khishâm-2, Quartier IV : dallage 3073 Khishâm-2, Quartier IV : dallage 3073 :
Vue générale.

Tessons jetés mais non
										piétinés
Détail montrant les tessons jetés mais non piétinés.
Relevé
Relevé.

Pour le reste, un peu de mobilier fut retrouvé dans le bas de la cour, le long des murs 1532, 1534 et 1535.

        Cette accumulation de tessons résulte de colluvions, favorisées par la pente naturelle. Les céramiques fragmentaires posées sur le dallage 3073 soulèvent, par contre, beaucoup de questions. Réparties directement sur un lieu de passage, elles ne portent cependant aucune trace de piétinement ni d'écrasement. Pourtant, ce dépôt est antérieur à tout processus de sédimentation. Des vases furent donc jetés sur le dallage immédiatement après qu'il fut décidé de ne plus emprunter ce passage, tandis que, protégés par le mur 1530, ces tessons n'ont subi aucun déplacement qui relèverait d'une simple mécanique sédimentaire.

        Enfin, dans le remplissage du silo 3042, creusé jusqu'à la roche en place à travers les saprolithes colluviés, quelques objets et ossements, en contexte secondaire, ont encore été exhumés. L'interprétation de cette excavation comme un silo ne tient, pour l'instant, qu'à sa forme en cloche.

Les pièces 1531, 1539, 1540 et 1541

Première phase de construction

        Les pièces 1531, 1539, 1540 et 1541, construites sur les flancs sud et ouest de la cour 3071, furent édifiées en plusieurs étapes. La plus ancienne semble être l'élévation du mur 3053, parallèle au petit wadi tributaire du Kakhort. Ce mur, d'une largeur inaccoutumée de près de 2 m, peut-être justifiée par la proximité du wadi qui peut connaître des débordements saisonniers en cas de pluie. Les fondations de ce mur reposent directement sur des saprolithes, voire, dans certains secteurs, sur des saprolithes légèrement colluviés et calcités.

Deuxième phase de construction

        La deuxième étape semble être la construction de la pièce 1541, appuyée sur la face orientale du mur 3053, à l'extrémité occidentale de la cour 3071. Cette pièce est délimitée, au Sud, par le mur 1537 et, à l'Est, par le mur 1532. La limite septentrionale de ce bâtiment n'a pas été atteinte. À l'angle formé par les murs 1537 et 1532, on peut observer la parfaite imbrication des parements, ce qui implique une construction simultanée.

        Les murs 1534, 1535 et 3062 furent édifiés ensuite. Les deux premiers, toujours parallèles au mur 3053, prolongent le mur 1532 vers le Sud-Est, mais sont aménagés selon un appareil plus grossier (blocs de basalte plus petits et disposés de façon plus lâche dans leur matrice de terre). Aucune imbrication de parement ne les relie au mur 1532, ce qui assure leur postériorité par rapport à ce dernier.



	Khishâm-2, Quartier IV :
																			 élévation des murs 1532 et 1534 (face nord-est) Khishâm-2, Quartier IV : élévation des murs 1532 et 1534 (face nord-est).

        Par la construction des murs 1534 et 1535, un grand espace de 84 m 2 fut donc mis en place, dont les longs côtés sont en arc de cercle (murs 3053, 1534 et 1535) et les petits formés par des murs plus anciens et rectilignes (1537 au Nord-Ouest; 1012 au Sud-Est). Le mur 3062 partageait cette aire en deux secteurs, la surface de l'un valant le double de celle de l'autre : 1531 au Sud-Est (29 m 2 ) et 1539 au Nord-Ouest (58 m 2 ). Chacune de ces pièces n'était accessible que depuis la cour 3071, par les portes 3055 (pièce 1539) et 3077 (pièce 1531).

        Contre la face interne et à hauteur du chambranle occidental, ces deux portes étaient encore munies de leur crapaudine, l'une de petites dimensions et d'exécution rudimentaire (porte 3077), l'autre de grande taille et d'une facture inaccoutumée (porte 3055). Cette dernière, d'une hauteur de 24 cm pour un diamètre maximum de 34 cm est cannelée sur les ¾ de son pourtour (9 cannelures), la portion non décorée étant appuyée contre le mur 1534.

Khishâm-2, Quartier IV :
																				 crapaudine de la Porte 3055 : photo Khishâm-2, Quartier IV :
																				 crapaudine de la Porte 3055 : dessin
Khishâm-2, Quartier IV : crapaudine de la Porte 3055.

        Cet objet fut sans doute récupéré dans une autre construction : en atteste son caractère exceptionnel, sa qualité d'exécution ne correspondant ni à l'appareil et à la facture grossière du mur contre lequel il repose, ni à la médiocre finition des autres crapaudines retrouvées dans le même site ; enfin, rien dans le contenu de la pièce 1539 ne permet de lui attribuer un rôle particulier par rapport aux chambres qui la jouxtent.

        Les niveaux d'occupation de la pièce 1531 sont irrémédiablement perdus. Il s'agit du secteur le plus érodé du site et la couche à saprolithes colluviés affleure en surface. Le seul élément qui ait subsisté est un silo (3074) creusé, à travers les saprolithes colluviés, jusqu'à la roche en place.

        Par contre, un sol (3037), endommagé seulement par quelques terriers et, au Sud, par l'écoulement d'eaux de ruissellement, était assez bien conservé dans la pièce 1539. Ce sol, presque immédiatement au contact des saprolithes colluviés au Nord, est soutenu, au Sud, par une semelle de graviers destinés à rattraper la pente naturelle du terrain. Dans ce sol de terre damée, furent incrustés des éléments de basalte de faible calibre (Ø moyen de 1 à 2 cm) et de petits tessons de poterie.

Khishâm-2, QuartierIV : relevé du sol 3037

Khishâm-2, QuartierIV : relevé du sol 3037 mis au jour dans la Pièce 1539 (secteuroriental).

Inondation du site

        Le mobilier reposant sur ce sol se répartit en deux catégories : objets en basalte et céramiques. Dans le groupe des basaltes, outre la crapaudine cannelée, on compte un grand mortier (hauteur maximum de 40 cm ; Ø maximum de 50 cm).

        La céramique n'a été rencontrée qu'en deux zones spécifiques : dans l'axe de la porte 3055 et dans celui du système d'évacuation des eaux (3078) de la cour 3071 (petit canal à la base du mur 1534). Cette répartition particulière tient à une inondation de la pièce 1539. Des coulées de boue ont déplacé sur de faibles distances des éléments appartenant à de grandes jarres. Inondation et coulées de boue sont attestées par un fin dépôt sédimentaire séparant systématiquement les tessons du sol anthropique. Sans aucun doute, le phénomène dut être très bref, quasi instantané (De Dapper, comm. pers.).

        Une situation tout à fait comparable avait déjà été observée lors des fouilles de 2004, dans la pièce 1517, située sur la 5
e terrasse. Ces inondations sont systématiquement associées à la fin de l'occupation la plus ancienne du site : furent-elles la cause de l'abandon provisoire du Quartier IV ? En soi, le phénomène n'a rien d'une catastrophe et il est douteux qu'il ait obligé les occupants à se retirer vers d'autres lieux.

Troisième phase de construction

        Après l'inondation, la cour 3071 et les pièces adjacentes ont été ont été partiellement envahies par des colluvions. C'est sous ce nouvel aspect que le site fut réinvesti, après un délai difficile à préciser (une ou deux décennies ? un siècle ?). L'ensemble des architectures était encore visible et celles-ci furent remployées, moyennant quelques aménagements. Ainsi, la pièce 1539 fut-elle divisée en deux par la construction du mur 1536. Ce nouveau mur entraîna le percement d'une porte supplémentaire dans le mur 1534 (porte 1533). Le seuil de cette porte est constitué d'une assise irrégulière, qui ne peut résulter que de la destruction d'un tronçon de mur.

        La présence de colluvions dans toutes les pièces exigea un rehaussement des seuils de porte,fait parfaitement visible dans l'embrasure des portes 3052 et 3055.

Khishâm-2, Quartier IV : Pièce1539.
Khishâm-2, Quartier IV : Pièce1539. Secteur oriental du sol 3037.

        Ici encore, le phénomène semble généralisé à l'ensemble du Quartier IV.

        Le mobilier associé à cette nouvelle occupation, trahie par des modifications architecturales, n'a pas été retrouvé. Cela tient, très clairement, à des phénomènes d'érosion. Aujourd'hui, le mur 3053 n'est plus conservé que sur une ou deux assises et son élévation est devenue inférieure à celle des seuils de porte de la seconde occupation. Dans de telles conditions, on imagine aisément l'évacuation régulière et naturelle de matériel sédimentaire vers le petit wadi tributaire du Kakhort. Colluvions et érosions se sont succédé, oblitérant pour toujours la nature de la seconde utilisation du site dans le secteur de la cour 3071.

La pièce 3066

        Un petit sondage a été encore réalisé au Nord du mur 1530. Ce travail a permis de mettre au jour les limites méridionales d'une pièce rectangulaire (3066), déterminée par les murs 1530, 3064 et 3065. Par son implantation et sa position dominante par rapport à la cour 3071, cette construction appartient à la Terrasse 3. Un seul niveau d'occupation (3049) y a été rencontré, qu'on peut associer, selon la stratigraphie, à la phase ancienne du site.

Khishâm-2, QuartierIV : relevé du sol 3049 (Pièce 3066) Khishâm-2, QuartierIV : relevé du sol 3049 (Pièce 3066).
Pièce 1539 : vase écrasé sur place ...
Pièce 1539 : vase écrasé sur place ...
... le fond contient un caramel alimentaire
... le fond contient un caramel alimentaire.

        Ce sol était partiellement recouvert par des vases de cuisson, dont l'un, écrasé mais presque entier, contenait encore des résidus organiques ayant subi l'action du feu. Des prélèvements ont été effectués, afin de connaître la nature exacte de ce « caramel ». Le même phénomène a été rencontré à l'extrémité nord-occidentale de la pièce 1539, également associé à l'occupation ancienne. Là, des récipients, protégés par l'angle formé par les murs 1534 et 1537, n'ont apparemment subi aucun dommage dû à l'inondation du site.

        La porte 3058, reliant la pièce 3066 à la cour 3071, était encore munie de sa crapaudine. La seconde phase d'occupation du site n'est plus indiquée ici que par la condamnation volontaire de cette ouverture.

Mobilier particulier

        Quelques objets exceptionnels ont été retrouvés dans le remplissage du silo 3042 et dans les colluvions postérieures à la seconde phase d'occupation du site. Ces artefacts ne peuvent donc être directement liés aux activités exercées dans le secteur. Leur diversité chronologique est d'ailleurs patente, la collection rassemblant, entre autres, un éclat Levallois du Paléolithique moyen et un fragment de bracelet en pâte de verre d'époque islamique.

Khishâm-2, Quartier IV :
									 mobilier hors contexte
Khishâm-2, Quartier IV : mobilier hors contexte, découvert dans les colluvions et dans le remplissage du silo 3042; 1. épingle en bronze; 2. lame de couteau en fer; 3. pièce en bronze à double perforation; 4. ardillon de fibule en bronze; 5. perle en terre cuite recouverte de talc bleu; 6. éclat Levallois en silex.

        Parmi ces objets, on dénombre encore une grande épingle à vêtement en bronze, une lame de couteau en fer, une perle en terre cuite recouverte d'une sorte de talc bleu et un fragment d'une pièce en bronze, doublement perforée et d'usage énigmatique.

        La découverte d'un outil du Paléolithique moyen n'est pas tout à fait exceptionnelle. Quelques éléments lithiques, exhumés en 2004 des colluvions scellant la 4
e terrasse du Quartier IV, peuvent également être rattachés à la même période. Le lieu d'origine de ces objets ne peut se situer qu'en amont, soit au Nord-Ouest du Quartier IV, zone où le basalte affleure quasiment partout. Il n'y a donc guère d'espoir de retrouver les lambeaux d'une station moustérienne, dont l'existence ne peut cependant être mise en doute.

Interprétation du site

        Le secteur de la cour 3071 semble n'avoir été, au départ, qu'un espace circonscrit par les murs de soutènement qui le séparent des autres niveaux et par une petite fortification (mur 3053), protégeant le site du côté du petit wadi tributaire du Kakhort.

        Cet espace vide et en forte pente fut ensuite mis à profit, d'abord en y inscrivant la pièce 1541, puis les pièces 1539 et 1531. Associés à l'une de ces deux phases de construction, deux silos ont été creusés, l'un dans la cour 3071, l'autre dans la pièce 1531. L'accès à tous ces bâtiments ou structures n'était possible qu'en traversant la cour 3071, elle-même accessible, depuis la Terrasse 1, par la porte 3076 et, depuis les Terrasses 3 et 4, au travers de deux portes réservées dans le mur 1530.

        En forte pente, non aménagée et seulement associée à des silos ou à des pièces ne contenant que de grandes jarres à provision ou des récipients à cuire, la cour 3071 avait donc probablement un rôle de distribution vers des unités de stockage ou d'artisanat. Les pièces 1531, 1539 et 1541 sont cependant très pauvres en mobilier et pourraient également avoir eu vocation d'étable ou de bergerie. On en comprendrait d'autant mieux la présence de systèmes d'évacuation des eaux de ruissellement qui les traversent ou la dimension inhabituelle de certaines d'entre-elles (58 m
2 , par exemple, pour la pièce 1539 au cours de la phase d'occupation ancienne).

        Le rôle de la cour 3071 et des bâtiments adjacents, lors de la seconde phase d'occupation du site, reste particulièrement obscur, d'autant que la plupart des portes d'accès qui menaient à la cour furent alors condamnées (portes 3076 et 3058). Pourtant le secteur fut occupé, ainsi qu'en témoignent les rehaussements de seuils et la construction d'au moins un mur supplémentaire (1536). La perte de tout mobilier empêche cependant de conclure sur le rôle exact de la terrasse lors de cette seconde phase.

 

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Dernière mise à jour : le 21 décembre 2005