Makbara : le village.
Prospections à Makbara et au Djebel Gudj
Paul-Louis van BERG
(prof., Université Libre de Bruxelles)
MakbaraLocalisation
Une journée de
prospection fut conduite dans la large vallée (
ca
4 x 2 km) du wadi al-Ahmar qui entaille le plateau du Hemma au Sud-Est, dans
le sens Nord-Sud.
Cette vallée,
creusée dans le substrat néogène marneux, gréseux
et graveleux par endroits, s'achève en amont en une queue d'aronde
formée par la confluence de deux grands wadis intermittents dans
lesquels se jettent plusieurs tributaires. Dans la zone explorée, la
couverture de basalte est en général peu épaisse et les
wadis ont creusé dans le substrat des incisions larges et profondes.
Dans l'interfluve des deux wadis principaux, une butte épargnée
par l'érosion, haute d'une dizaine de mètres et culminant
à 390 m, témoigne de l'altitude originelle du substrat. A l'Est
de celle-ci, en rive gauche du wadi oriental, une langue de basalte prolonge la
nappe de lave principale du plateau ; cet éperon est bordé
à l'Est par un petit wadi tributaire.
Art rupestreSeules deux roches exposées au Sud-Est et portant des gravures anciennes, ont été observées sur le versant occidental, dans les premières centaines de mètres. De multiples inscriptions arabes contemporaines émaillent les surfaces rocheuses aux alentours.
Archéologie
1.
Structures non définies
. Après le passage d'une première crête, sur une pente
exposée au Nord-Est, on observe les vestiges de structures
archéologiques que l'érosion ne permet plus d'identifier. Ceux-ci
comportent plusieurs murs rectilignes et curvilignes ainsi que de petits
tertres de pierre qui semblent correspondre à des tombes non islamiques.
Makbara : cercles de pierres sur la rive gauche d'un wadi tributaire.
Ce type d'organisation
déjà observé sur d'autres sites, par exemple à 'b
n-Naga, où des enclos circulaires et semi-circulaires sont
accolés à plusieurs côtés d'une construction
rectangulaire (apparemment une maison) présentant éventuellement
des subdivisions internes. Les structures rectangulaires sont
séparées et les enclos de tailles diverses sont disposés
en grappes autour de celles-ci, souvent jusqu'à remplir tout l'espace
disponible.
Makbara : la butte témoin au bord du wadi al-Ahmar ; dans le bas de la butte, vestiges de contructions. Au fond, à droite : l'éperon de basalte qui supporte le desert-kite.
Sur les pentes, furent
récoltés quelques tessons de céramique, dont un à
glaçure bleue (islamique), ainsi que de nombreux déchets de
débitage (éclats et nucléus). Quelques roches portent des
inscriptions arabes, mais aucun autre pétroglyphe n'a été
observé.
Makbara : constructions diverses sur le flanc ouest de l'éperon. 4.2 Sur le même versant, on observe des murs plus épais délimitant l'enceinte rectangulaire d'un desert-kite . Cet enclos, dont l'érosion et peut-être l'utilisation comme carrière, ont fait disparaître l'angle sud-ouest (voir aussi Bashkoy et Djebel Gudj), couvre toute la hauteur de la pente. Il englobe une grande partie des structures mentionnées ci-dessus. Le mur oriental longe le rebord du plateau. Les angles, le milieu du côté nord et les deux extrémités de l'entrée sont munis de cellules circulaires (cinq au total) aujourd'hui effondrées.
L'entrée est barrée d'un muret long de 7 à 8 m, orienté Nord-Sud. Les deux murs d'accès sont implantés sur le versant oriental de l'éperon. Le mur septentrional descend vers l'Est jusqu'à un petit wadi tributaire en bas de pente. Le mur méridional descend obliquement sur le versant, pour atteindre en bas de pente l'extrémité sud de l'avancée basaltique. 4.3 Un grand enclos extérieur au desert-kite occupe également l'extrémité sud de l'éperon. Il est délimité au Nord par les roches abruptes qui occupent le haut de la pente, à l'Est par le mur d'accès méridional du kite, au Sud et à l'Ouest par deux longs murs épais. La construction de cet enclos est donc postérieure à celle du desert-kite .
Makbara : le grand enclos méridional de l'éperon. En brun foncé à droite : murs du desert-kite .
4.4 A l'intérieur de
l'enclos précédent, en bas de pente, on
distingue les vestiges probables d'un grand escalier orienté Nord-Sud
(montant vers le sommet ?) ainsi que ceux d'un ensemble d'habitations et
d'enclos circulaires. Tout le haut de la pente est érodé jusqu'au
sol en place.
Djebel GudjLocalisationUne journée de prospection a porté sur le trajet qui joint le sommet aplani du Djebel Gudj (volcan d'où est issue la principale coulée de lave du Hemma ; alt. 492 m) au site de Khishâm-2, Quartier IV, dans la vallée du wadi Kakhort. Ce sommet borde, à l'Est, le cratère, aujourd'hui peu marqué, qui a formé la coulée de lave méridionale du Hemma. Il offre une vision panoramique sur l'ensemble du plateau qu'il domine d'une centaine de mètres. Le sol y est jonché de blocs de basalte, de pierre ponce et de fragments de bombes volcaniques. Archéologie1. Le sommet . Sur la surface supérieure plane, on observe cinq séries de données archéologiques :
2.
Sous le sommet
. Trois wadis prennent leur origine immédiatement au-dessous de ce
sommet,
Djebel Gudj : enclos sous le sommet.
On observe sur leurs rives des agglomérats de constructions
rectangulaires et circulaires. Un enclos quadrangulaire aux angles arrondis
(diam. : 22 m), installé en haut de pente, sur la rive gauche,
à une trentaine de mètres du wadi, présentait apparemment
une ouverture (porte ?) aménagée à l'angle sud-ouest
par l'adjonction sur la face externe de deux petites constructions circulaires.
Des subdivisions internes furent également observées.
Djebel Gudj : l'enclos du desert-kite, enclos vu du Sud.
Djebel Gudj : des enclos de pierres interrompent le mur sud du desert-kite .
Ce mur, dont le tracé
forme une ligne brisée, a servi de carrière pour la construction
de plusieurs cercles de pierres parfois implantés sur le tracé
originel de celui-ci. Une situation analogue a été
observée à propos du mur inférieur du
desert-kite
de Bashkoy et il paraît probable que la destruction de l'angle sud-ouest
du kite de Braykan soit due à des causes semblables. Les murs de ces
kites constituent donc un
terminus post quem
pour la construction des enclos circulaires. Il s'agit de la première
observation concernant la chronologie relative de ces monuments.
Les vestiges d'autres
structures ont été observés à l'intérieur du
monument.
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Dernière mise à jour : le 24 janvier 2006