Kefra : les 10 secteurs du site d'art rupestre. Les secteurs F à J ont été documentés en 2005.
Art rupestre à KefraSerge LEMAITRE (Assistant aux Musées royaux d'Art et d'Histoire, Bruxelles) Introduction
Depuis 2003, l'étude du
site de Kefra, intégrée à la Mission de Khishâm, est
prise en charge par les Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles,
dans le cadre d'une Action 1 octroyée par le Service de Programmation
fédéral (SPF-Politique scientifique).
Le secteur F
Le secteur F couvre une zone
d'environ 200 m, comprise entre le troisième wadi principal, à
l'ouest, le tracé d'une route ancienne, à l'est.
Le secteur G
Le secteur G est
délimité au sud-ouest par la route ancienne mentionnée
plus haut et au nord-est par un wadi secondaire. Ce secteur couvre un long
éperon qui s'avance dans la plaine de Kefra, en direction du village.
Comme pour le secteur B, l'analyse spatiale de ce secteur montre la présence de quatre grandes concentrations de roches ornées, caractérisées par la présence d'une ou deux roches de grandes dimensions, portant de nombreuses figures indépendantes ou une scène complexe le plus souvent une scène de chasse (un chasseur et sa proie ou encore des lions ou des canidés poursuivant un capridé) ; dans leur voisinage immédiat, on trouve des roches plus petites, ne comportant généralement qu'une ou deux figures de capridé ou d'orant. Le secteur H
Ce secteur s'étend de la
limite nord-est du secteur G au quatrième wadi principal. Il est peu
étendu et comprend deux grandes concentrations de roches, comportant
respectivement une vingtaine de blocs ornés.
Le secteur I
Ce secteur a son début
au quatrième wadi principal et se prolonge, en une courbe
légère, jusqu'à un petit wadi secondaire. Un canal
d'irrigation a été creusé vers le milieu du secteur afin
d'alimenter un petit champ de coton. Le sommet du plateau ainsi que le haut de
la pente sont marqués par la présence de grands blocs.
L'érosion naturelle a également mis à nu certaines parties
de la roche en place et des « tuyaux d'orgue »,
caractéristiques de cette formation basaltique. Le bas de la pente est
marqué par des éboulis de petites roches, issues pour la plupart
de la fracturation des plus grandes.
Le secteur J
Ce secteur s'étend du
wadi secondaire qui marque la limite du secteur I à la route aujourd'hui
asphaltée qui traverse le village de Kefra et monte sur le plateau. Une
petite maison ainsi que des ruches ont été construites en bas de
pente, ce qui a nécessité le déplacement de roches qui
portaient peut-être des gravures. Orienté au Sud-Est, ce secteur
comprend de petites roches et des blocs volumineux, surtout en haut de pente.
La majorité de ceux-ci ont subi une altération thermoclastique
importante, en sorte que de nombreux éclats jonchent le sol.
Iconographie
Comme les années
précédentes, les secteurs documentés cette année
portent surtout des représentations de capridés et
« d'orants », même si des lions, des canidés,
des cervidés et des figures scalariformes apparaissent également.
Les scènes les plus fréquentes mettent en présence un ou
plusieurs personnages et des capridés. Les anthropomorphes peuvent
être en attitude d'orant ou toucher l'animal. Quelques scènes de
chasse à la lance ou à l'arc apparaissent également, en
particulier dans les secteurs G et J.
Nature du siteBien que les roches ornées y soient deux fois plus nombreuses qu'à Khishâm -2, Kefra présente une iconographie moins diversifiée. En effet, si la majorité des thèmes reconnus à Khishâm-2 sont présents, la plupart ne sont observables qu'en un seul ou en de très rares exemplaires. C'est notamment le cas des cervidés et des bovidés. Par ailleurs, on ne compte qu'une seule représentation de desert-kite et seulement trois représentations de divinités surmontant un animal. La taille des blocs de basalte ainsi que la mauvaise qualité générale des surfaces en sont peut-être la cause, mais d'autres pistes devront être explorées: position chronologique des gravures, importance symbolique du site, taille des communautés auxquelles appartiennent les graveurs, limitations de l'accès, ... |
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Dernière mise à jour : le 8 janvier 2006