Art rupestre à 'b n-Naga [2]
Paul-Louis van BERG
(prof., Université Libre de Bruxelles)
Ilina PETROVSKA
(Université Libre de Bruxelles)
Cavaliers, lanciers et archers montés
La fréquence des
représentations de cavaliers constitue un autre trait qui distingue
l'art de la vallée du Nejma de celui de la façade orientale du
plateau.
Le thèmes fut
probablement introduit dans l'art du Hemma à l'époque
néo-assyrienne, lorsque se développa la cavalerie montée.
Il peut s'agir de cavaliers
isolés sans autre spécification, de cavaliers armés d'une
lance qu'ils tiennent souvent horizontale au-dessus de leur tête, d'une
épée ou d'un arc. Ils peuvent être présentés
statiquement, chassant le capridé ou le lion, ou encore au combat contre
un cavalier ou homme à pied.
|
|
|
'b n-Naga :
lancier monté (couleurs modifiées).
|
'b n-Naga :
lancier affrontant un archer à pied.
|
|
|
|
'b n-Naga :
lancier monté poursuivant un capridé. Les deux figures
anthropomorphes du bas sont plus anciennes.
|
'b n-Naga :
lancier et archer (?) montés poursuivant un capridé (couleurs
modofiées). Les deux figures anthropomorphes de droite furent
ajoutées ultérieurement.
|
|
|
|
'b n-Naga :
chasse au faucon.
Le tracé du corps du cheval est proche de celui qu'on observe sur
l'image de droite.
|
'b n-Naga :
desert-kite
et archer monté accompagné d'un chien et entouré d'un
capridé, d'un sanglier et d'un cerf.
En haut
: dieu lancier en piquetage plus léger .
|
A ces figures
récurrentes s'ajoute celle d'un cavalier chassant au faucon et le
défilé de cavaliers illustré plus haut.
Archers
Avec la lance, l'arc est l'arme
la plus représentée. Aux figures d'archers isolés, au
combat ou à la chasse, s'ajoutent quelques représentations d'arcs
isolés. Les archers sont à pied, montés ou debout sur un
animal (divinités).
|
|
|
'b n-Naga :
un archer casqué vise un capridé.
Le chasseur se tient dans un
enclos polygonal.
|
'b n-Naga :
archer, un genou fléchi.
|
|
|
|
'b n-Naga :
un archer (embusqué ?) vise un capridé gravé au
delà de l'arète de la roche.
|
'b n-Naga :
archer visant un capridé.
|
Dromadaires
nbsp; On
admet généralement que le dromadaire fut introduit en Syrie dans
les deux derniers siècles du deuxième millénaire avant
notre ère. L'animal ne dut donc faire son entrée dans le
répertoire rupestre qu'à l'âge du Fer. Quelques figures
à patine jaune très claire suggèrent que le thème a
pu se maintenir jusqu'à l'époque parthe, voire au delà.
Alors que la plupart des
représentations de quadrupède, et en particulier de lion et de
capridé, obéissent à des conventions stylistiques
strictes, les figures de dromadaire sont étonnament peu
normalisées. Nous avions fait la même observation en 2004 à
propos des dromadaires d'Umm er-Gubba (Amrgubba) et de 'Ain al-Abd.
|
|
|
'b n-Naga :
dromadaires.
|
Trois explications paraissent
a priori
plausibles :
-
l'animal n'est pas familier aux graveurs locaux ;
-
les représentations de dromadaire appartiennent à une
époque où les conventions stylistiques locales sont plus
lâches ;
-
les graveurs nomades de passage ont un autre rapport à la
représentation que les habitants sédentaires du plateau.
Dans la mesure où une
variabilité analogue peut-être observée dans d'autres
régions du Proche-Orient, par exemple en Arabie Saoudite où le
dromadaire est connu depuis plus longtemps, il faut sans doute retenir la
troisième proposition.
|
'b n-Naga :
caravane.
En haut
: deux dromadaires affrontés, peu visibles.
En bas
: deux dromadaires et un chamelon entre les pattes de celui de
gauche . Un petit personnage (un enfant), debout sur l'animal de droite
maintient celui de gauche par une bride nasale ; le personnage de gauche,
portant un sac, fait avancer la bête à l'aide d'un bâton. La
queue relevée de l'animal participe
peut-être à la fixation du chargement.
|
|
Les dromadaires sont le plus
souvent isolés, mais on les trouve aussi par deux ou trois. Ils peuvent
être menés par un chamelier. Deux roches portent des
représentations de caravane et une autre de méharistes à
la chasse.
|
'b n-Naga :
méharistes à la chasse.
L'animal de gauche porte deux
individus : un guide et un lancier. Le groupe de droite a
été réalisé par une main moins habile.
La petite figure à
droite représente un arc ou une fibule.
Les traits en piquetage
disjoint sont probablement des ajouts tardifs.
|
|
Le nombre des
représentations de dromadaires dans l'Ouest et le Sud du Hemma
(50-60/2000) amène à penser que la route des nomades chameliers
devait suivre le Khabour et éventuellement le wadi Zerqan, mais qu'elle
ne passait pas par la vallée du wadi Aweidj qui borde la façade
orientale du plateau et où de telles représentations sont rares
(4/2000).
|
|