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Comparaisons et datations
La datation est un des
problèmes les plus difficiles posés par l'art rupestre
gravé ou bouchardé, lorsqu'on ne peut dater avec précision
les sujets représentés ou lorsque les gravures ne sont pas
couvertes par un niveau archéologique daté (Taçon -
Chippindale 1998
;
Rosenfeld - Smith 1997). En effet, la datation directe par l'analyse des
patines en est encore à ses débuts (Cremaschi 1996), même si elle
a pu donner
quelques résultats probants dans la vallée du Nil (Huyge
1999 ; Huyge
et al.
2001).
Art rupestreGénéralités
Des gravures
schématiques représentant des humains et des animaux,
éventuellement des scènes de chasse, dans des styles proches de
ceux de Khishâm, ont déjà été
découvertes en Arménie (par exemple Martirossian 1975 : pl.
7, 8, 26, 72, 78), en Anatolie orientale (Uyanik 1974), en Jordanie y
compris des représentations de
kite
(Horsefield, Glueck 1933 ; Jobling 1983 ; Betts, 1987, 1988 ;
Betts, Helms 1986 ; Betts 1998 : 155-156 ; Finlayson
et al.
2000), ainsi que dans les déserts du Néguev et du Sinaï
(Bouyssonie 1924 ; Anati 1979), dans la vallée du Nil (Huyge 1999, Huyge
et al.
2001), en Arabie Saoudite (Anati 1968) et au Yémen (Garcia, Rachad
1998). Ces gravures représentent donc la facette syrienne d'un vaste
courant qui traverse le Proche-Orient du Nord au Sud.
Les kites
Une représentation de
kite double a été découverte à Tell Beydar. En
Jordanie orientale, dans le bassin de l'Azraq, Alison Betts a relevé
plusieurs figurations de kites similaires à celles de Khishâm du
points de vue technique et stylistique (Betts 1998 ; Betts, Helms 1986).
Ces kites présentent des dispositifs spéciaux que l'on trouve
également à Khishâm (double mur, cellule triangulaire). Un
de ces kites gravés est associé à des figures zoomorphes,
sans doute des autruches, à l'entrée et à
l'intérieur de l'enclos. Betts propose une datation
préhistorique de ces pétroglyphes.
Glyptique et décor céramique
Du point de vue stylistique, on
ne voit rien qui se rapproche des formes artistiques souples du
Néolithique précéramique. La classification chronologique
proposée indique simplement un
terminus post quem
pour l'apparition d'un sujet ; sauf indication contraire, les gravures
peuvent donc être bien postérieures à la période
indiquée.
3ème millénaire
2ème millénaire
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1er millénaire
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Les cavaliers à cheval (KH1-S18 ; KH2-H7) ne devraient pas être antérieurs à la fin du 2ème millénaire. Keel et Uelinger (2001 : 143-157) signalent pour cette époque des influences phéniciennes et nord-syriennes dans la glyptique palestinienne. Au Fer IIA, le cheval est animal de selle pour la déesse de la région d'Acre. Selon les mêmes auteurs, le cheval isolé peut aussi servir comme " substitut de la déesse, suivant la tendance [de l'époque] aux représentations non anthropomorphes. Au Fer IIA (1000-900), des amulettes-sceaux gravées très sommairement, dont le décor a été décrit comme 'cheval et cavalier' ou 'cheval conduit par un homme' pourraient aussi, sur la base de ces représentations, renvoyer à [la déesse] Anat " (Keel, Uelinger 2001 : 143). |
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Khishâm-1-Sud. Un couple comprend un personnage assis et un autre debout,
un oiseau sur la
tête et tenant une hache
de la main gauche. La présentation frontale de ce personnage
dont les deux yeux sont indiqués par des réserves est
exceptionnel dans
l'art rupestre étudié jusqu'ici. Il pourrait s'agir du dieu
Hadès (Colledge1967) ou plutôt Héraclès, selon
Christides, ou encore de son prédécesseur mésopotamien
Nergal, ainsi que le suggère la comparaison avec un relief parthe de
Hatra daté vers 150 de n. è.(Colledge 1967 : 159, fig.
46 ; Christides 1982). Christides (1982 : 110, fig. 4) reproduit un
relief miniature, également de Hatra (M58115) où l'oiseau se
détache nettement au-dessus de la tête du dieu, comme sur la
gravure de Khishâm-1.
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Éléments d'interprétationChasse
La faune sauvage
figurée, les multiples scènes de chasse, les
kites
réels et leurs représentations montrent que pendant une partie
de leur existence, les sites de Khishâm eurent une vocation
cynégétique. Peut-être est-ce la présence des
kites
réels qui, associée à la disponibilité des
surfaces rocheuses, a entraîné une telle profusion d'art rupestre
dans la vallée du wadi Kakhort. Bien que les prospections aient
révélé l'existence d'autres sites rupestres,
Khishâm-2 reste jusqu'ici le plus impressionnant par la beauté du
site naturel, la taille des panneaux gravés et l'importance de l'habitat.
Religion
Les sites de Khishâm ne
témoignent pas seulement de pratiques cynégétiques mais
aussi de relations avec le monde surnaturel : esprits (?),
divinités, scènes cultuelles. Entre autres, les hybrides à
tête animale évoquent le "dieu-chèvre", actif de
l'Iran occidental au Nord de la Mésopotamie pendant l'Obeid
récent et la culture de Gawra, et connu par la glyptique autant que par
le décor céramique. Si l'interprétation de celui-ci en
tant que " divinité " est peut-être moins
assurée que ne l'affirme von der Osten-Sacken (1992), la relation
iconographique paraît assurée (voir aussi Barnett 1966 ;
Amiet 1979). Par ailleurs, le contenu religieux de la peinture murale de Halawa
mentionnée plus haut, où interviennent des personnages à
tête zoomorphe, est également assuré par le grand visage
d'idole qui occupe le centre de la composition.
Interactions culturelles
L'art gravé de la
région de Khishâm appartient à une immense zone
d'interaction et d'activité rupestre qui s'étend du Caucase
à la Palestine, à l'Arabie et au Yemen. Dans la seconde
moitié du 3ème millénaire, cet art paraît se situer
au point de rencontre de deux courants : l'un, occidental, le rattache aux
arts rupestres d'Anatolie orientale (Uyanik 1974), du nord-ouest de la Jordanie
(Betts, Helms 1986 ; Betts 1998), du Neguev et du Sinaï (Anati 1979),
tandis que l'autre renvoie à l'iconographie de la Mésopotamie
méridionale.
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